météo et « burka »

Une télévision locale publique annonce rompre le contrat qui l’unissait à un producteur indépendant pour ses émissions météo. Ce dernier proposait aux téléspectateurs qui le désiraient de venir présenter eux-mêmes le bulletin météo. Or, début juin, la météo diffusée fut assurée par une jeune femme dont le turban de style « touareg » ne laissait apparaître que les yeux. La chaîne publique estime que « la séquence a échappé à la vigilance du contrôle interne à la chaîne et que les mécanismes de validation du contenu des émissions n’ont pas fonctionné correctements », elle « présente ses excuses aux téléspectateurs qui auraient pu être choqués ». et  » réaffirme qu’il n’y avait dans cette diffusion aucune intention délibérée de provoquer, et encore moins la manifestation d’une quelconque forme de complaisance à l’égard de courants fondamentalistes ». La chaîne indique « que depuis toujours elle travaille à la cohésion sociale et la compréhension mutuelle, produisant un discours mesuré et nuancé sur la question des religions, et cet incident regrettable ne peut ni ne doit occulter des années d’efforts ».

On ne dispose pas d’information sur le contenu des clauses contractuelles qui régissaient les obligations du sous-traitant privé.

On s’interrogera seulement sur le statut des particuliers qui se portent candidats ponctuels à de tels enregistrements. Il va de soi que le respect de l’ordre public et des bonnes moeurs s’impose aux particuliers. Mais en va-t-il de même d’une obligation de « neutralité » ou de la prohibition d’un vêtement spécifique, hors voies publiques ?

On se souviendra de la polémique suscitée par une chaîne française privée qui avait sollicité d’un jeune candidat à un jeu télévisé qu’il abandonne son prénom « Islam » durant l’émission, au bénéfice d’un prénom d’emprunt « moins prosélyte ». Face au refus des parents, la chaîne avait exclu l’enfant de l’antenne. Une telle politique deviendrait-elle obligatoire pour une télévision publique ?

La condition juridique des particuliers, « auxiliaires bénévoles » de service public, a été tranchée en France par la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) en juin 2007 :  le refus opposé aux mères d’élèves portant le foulard islamique de participer à l’encadrement de sorties scolaires est « contraire aux dispositions interdisant les discriminations fondées sur la religion ».

Le rapport 2007 du Centre belge pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme montre la prudence qui s’impose en la matière (Rapport 2007, juin 2008, « les signes religieux et idéologiques : pistes pour le dialogue », pp. 128 et s.)

N.B. Il est apparu depuis cette polémique que la jeune voilée n’était pas musulmane, mais se livrait à un canular.



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