Dans la littérature belge récente 2011/1

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  • ALIDADI, K., « Opening Doors to Muslim Minorities In the Workplace? From India’s Employment Quota to EU and Belgian Anti-Discrimination Legislation », 23 Pace International Law Review 146-214 (2011).
  • AMEZ, F., « De bevoegdheidsverdeling inzake erediensten », in  MARTENS, K., JUDO, F. (ed.) Handboek Erediensten. Bestuur en organisatie, Bruxelles, Larcier, 2011, 55-80.
  • ARCQ, E. SAGESSER, C., Le fonctionnement de l’Eglise catholique dans un contexte de crise, Courrier hebdomadaire du CRISP, 2011/27-28 – n° 2112-2113.
  • BOEVE, L., « Levensbeschouwing, religie en onderwijs: enkele beschouwingen bij de reflectietekst » T.O.R.B. 2010-11, 1-2, 51-58.
  • BREMS, E., OUALD CHAIB, S., « Gender in de multiculturele samenleving. Het genderdiscours in de debatten rond een hoofddoekverbod op Vlaamse scholen en een niqaabverbod op de Belgische straten » in BREMS, E., STEVENS, L., Recht en Gender in België, Die Keure, Bruges, 2011, 181-198.
  • BRIBOSIA, E., REA, A., RINGELHEIM, J., RORIVE, I., « Reasonable accomodation of religious diversity in Europe and in Belgium: Law and practice » in BONJOUR, S., REA, A., JACOBS, D. (eds), The Others in Europe,  Editions de l’Université de Bruxelles, Bruxelles, 2011, pp. 91-116.
  • CHRISTIANS, L.-L., DE POOTER, P., TILKIN, G., « Islam et parcelles confessionnelles dans les cimetières en Belgique », Revue de droit communal, 2011/2, 2-12.
  • DE GROOF, J., VAN DE DONK, W., LAUWERS, G., DE GOEDE, P., VERHAPPEN, T., « Reflecties op de omgang met religieus en levensbeschouwelijk verschil in het onderwijs in Vlaanderen en Nederland », T.O.R.B. 2010-11, 1-2, 3-35.
  • DE HERT, P., SOMERS, S., « Constitutioneel erfgoed in vraag gesteld in naam van mensenrechten. Welk kader voor religie en religieuze spanningen? » T.O.R.B. 2010-11, 1-2, 42-50.
  • DE METS, J., « Scheiding kerk en staat »,  Juristenkrant 2011, liv. 221, 11.
  • DE POOTER, P., « De Kerk-Staatverhouding in België », in  MARTENS, K., JUDO, F. (ed.) Handboek Erediensten. Bestuur en organisatie, Bruxelles, Larcier, 2011, 1-53.
  • DENOTTE, T., « De regeling van de erkende erediensten in het Brussels Hoofdstedelijk Gewest » in  MARTENS, K., JUDO, F. (ed.) Handboek Erediensten. Bestuur en organisatie, Bruxelles, Larcier, 2011, 267-351.
  • DICKSCHEN, B., « De verplichte segregatie van joodse leerlingen in België (1941-1943) », T.O.R.B. 2010-11, 1-2, 108-114.
  • FAUTRE, W., « Religious Intolerance in Belgium: The Roles Of Certain State And Non-State Actors », Religion – Staat – Gesellschaft Zeitschrift für Glaubensformen und Weltanschauungen, 12/1, 137 -160.
  • GRANDJEAN, G., « La répression du négationnisme en Belgique : de la réussite législative au blocage politique »  Revue droit et société, 2011, n°77, 137-160.
  • HENRICOT, C., « L’application du Code marocain de la famille, à la croisée des jurisprudences belge et marocaine en matière de dissolution du mariage », Journal des tribunaux, 2011, 641-651.
  • JONLET, St., Pratiques islamiques et monde du travail – Regards de musulmans en région liégeoise, Université de Liège, Mémoire, 2010.
  • JUDO, F., « Recente rechtspraak over het eigendomsrecht van pastorieën. Van dogmatisme naar casuïstiek », Recht Religie Samenleving, 2010/2, 35-54.
  • KENNES, L., WEYEMBERGH, A., « Les délits relatifs au libre exercice des cultes » in ID., Droit pénal spécial. Tome 1, Anthemis, 2011, sp. pp. 135-152.
  • KRENC, F., « Quelques considérations sur la religion dans la vie professionnelle » in Joassart, P., Verdussen, M. (ed), La vie privée au travail, Anthemis, 2011, 115-150.
  • LIAGRE G., Belgisch protestantisme in perspectief. Doorkijkjes in 450 jaar ideeëngeschiedenis, Antwerpen/Utrecht, Houtekiet, 2011, 414 p.
  • MARTENS, K., « Over seksueel misbruik door clerici, strafrecht en kerkelijk recht », Recht Religie Samenleving, 2010/2, 55-70.
  • MARTENS, K., « Bis in idem. Seksueel misbruik door een priester twee keer bestraft. Noot », T.J.K., 2010, pp. 310-312.
  • MARTENS, K., JUDO, F., LAMBRECHT, D., « De katholieke eredienst » in  MARTENS, K., JUDO, F. (ed.) Handboek Erediensten. Bestuur en organisatie, Bruxelles, Larcier, 2011, 81-265.
  • NINANE, G., « Le service public de l’enseignement est-il laïc? – La Cour constitutionnelle et le Conseil d’Etat valident l’interdiction des signes philosophiques et religieux », J.L.M.B. 2011, 1048-1061.
  • NINANE, G., « Le voile intégral et le pouvoir de police des autorités locales », J.L.M.B. 2011, 1072-1074.
  • NOLET DE BRAUWERE, N., « De l’intérêt moral à agir devant la Cour constitutionnelle. Note sous l’arrêt n° 90/2010 du 29 juillet 2010″, Recht Religie Samenleving, 2010/2, 71.
  • OVERBEEKE, A., « De erkende geloofsgemeenschappen van minderheidserediensten in het Vlaamse Gewest », in  MARTENS, K., JUDO, F. (ed.) Handboek Erediensten. Bestuur en organisatie, Bruxelles, Larcier, 2011, 353-422.
  • OVERBEEKE, A., Erkenning van plaatselijke geloofsgemeenschappen. Een vernieuwend hoofdstuk in de Vlaamse eredienstenwetgeving, CABG, Larcier, 2011, 150 pp.
  • OVERBEEKE, A., « Kerk en Staat in België: scheidingsregime én state support », in Hansko Broeksteeg (ed.), Overheid, recht en religie, Kluwer, 2011, 374 pp.
  • PLATTI, E., « Onderwijs en religie – Welke islam en welk onderwijs? » T.O.R.B. 2010-11, 1-2, 67-71.
  • PORTIER, Ph. « Les politiques religieuses dans les pays européens de tradition catholique (XXe-XXIe siècles) – Première partie », Revue théologique de Louvain, 2011, 42/2, 169-190.
  • SAGESSER, C., Le prix de nos valeurs. Financer les cultes et la laïcité en Belgique, Bruxelles, Espace de Libertés, CAL, 2010, 96 pp.
  • SCHUIJT, L. « Levensbeschouwing in de praktijk van onderwijsorganisaties: een brede benadering », TORB, 2010-2011, 434.
  • THIELS, Y., « La critique des mouvements religieux minoritaires. Des reproches de Celse quant au christianisme primitif aux accusations des associations anti-sectes à l’égard des minorités de conviction », R.I.E.J. 2010, n°65, 179-206.
  • VAN DOOREN, B., Erediensten op gemeentelijk niveau. Interactie en samenwerking kerkfabriek – centraal kerkbestuur – gemeente, Vanden Broele, Bruges, 2010, 114 p.
  • VANDEN DAELEN, V., « Over dagscholen, bijscholen, cheiders en jesjivot – Een historiek van Joods onderwijs in België » T.O.R.B. 2010-11, 1-2, 99-107.
  • VANDERMEERSCH, B., Comme il importe au bien de l’Eglise et de l’Etat. L’opposition de l’épiscopat « belgique » aux réformes ecclésiastiques de Joseph II (1780-1790), Bibliothèque de la revue d’histoire ecclésiastique,  Louvain, Peeters, 2010, 498 pp.
  • VERSTRAETEN, J., « Van competenties naar authenticiteit. De rol van de christelijke levensbeschouwing in vorming en onderwijs », T.O.R.B. 2010-11, 1-2, 134-137.
  • VRIELINK, J., « Homokoppels en religieuze hoteleigenaars », Juristenkrant 2011, n° 224, 5.
  • WATTIER, S., « Le financement des cultes au XXIe siècle : faut-il réviser l’article 181 de la Constitution ? », Revue belge de droit constitutionnel, 2011, pp. 23- 51
  • WAEYAERT, S., Erediensten: de financiële planning op korte en lange termijn. Budget, meerjarenplan en planningswijzigingen, Vanden Broele, Bruges, 2011, 118 p.


Délits d’expression et religions

Par arrêt n°191.742 du 23 mars 2009, le Conseil d’Etat a suspendu en extrême urgence une décision d’un collège des bourgmestre et échevins d’interdire un spectacle de l’humoriste controversé Dieudonné : « Considérant que les circonstances extraordinaires censées justifier l’arrêté attaqué sont en premier lieu «les propos de l’artiste lors de ses précédentes représentations, lesquels sont ressentis comme injurieux envers la Communauté juive par une grande partie de l’opinion publique»; Considérant que, indépendamment même du fait que le requérant se défend d’avoir jamais tenu des propos antisémites – se déclarant anti-sioniste, ce qui n’est pas la même chose –, cette circonstance n’est pas de celles qu’aurait pu retenir la partie adverse pour fonder sa décision; que le collège des bourgmestre et échevins,en effet, n’a pas reçu pour mission de veiller préventivement à la correction politique ou morale, voire même pénale, des spectacles et moins encore à celle, supposée, des artistes qui en donnent la représentation; qu’à supposer que des propos tombant sous le coup de la loi du 30 juillet 1981 tendant à réprimer certains actes inspirés par le racisme ou la xénophobie risquent d’être tenus au cours du spectacle interdit par l’arrêté attaqué, ceux-ci ne pourraient justifier que des poursuites répressives, mais non une mesure préventive de police; qu’en effet, l’article 19 de la Constitution garantit la liberté de manifester ses opinions en toute matière, sauf la répression des délits commis à l’occasion de l’usage de ces libertés ». Et de préciser explicitement : « Considérant, à cet égard, que le présent arrêt ne saurait être interprété comme prenant parti dans la polémique existante, mais seulement et strictement comme contrôlant la légalité objective de la décision attaquée ».

La liberté d’expression « vaut non seulement pour les informations ou idées accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent les pouvoirs publics ou une fraction quelconque de la population; qu’ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l’esprit d’ouverture sans lesquels il n’est pas de société démocratique » rappelle le Conseil d’Etat, selon la formule consacrée par la Cour européenne des droits de l’homme. »

La répression de propos délictueux est envisageable a posteriori, tandis qu’une censure préalable est illégale. Cette distinction demeure applicable à des ministres du culte ou des professeurs de religion reconnue. Il appartient le cas échéant au ministère public d’ouvrir une poursuite pénale contre des propos délictueux. Des sanctions « disciplinaires » peuvent également y être associées dans le cadre de l’enseignement public.

Les pouvoirs publics pourraient-ils enjoindre aux autorités religieuses d’adopter des mesures propres ? La question est délicate, en particulier dans le cadre d’un régime de cultes reconnus. Il est certain que la garantie générale d’autonomie des cultes s’oppose à toute intrusion directe dans l’organisation proprement religieuse. Il n’appartient pas aux pouvoirs publics de donner des injonctions canoniques dans un dossier ecclésiastique précis. En revanche, si les contentieux en arrivaient à se multiplier, l’attitude globale d’un chef de culte pourrait être prise en compte pour évaluer la pérennité des conditions de reconnaissance. La relation de confiance globale que suppose la reconnaissance pourrait alors appeler de nouveaux modus vivendi, sous le contrôle du Parlement, à défaut actuellement d’autres procédures. Ainsi que la Cour européenne des droits de l’homme l’a rappelé à diverses reprises, il importe que les leaders concernés prennent position et ne cautionnent pas d’éventuelles dérives individuelles. En revanche, demeurerait en toute hypothèse illégale l’injonction qui serait adressée aux chefs de culte d’établir une censure préalable interne. La prohibition des mesures préventives qui s’impose aux pouvoirs publics empêcheraient à tout le moins ces derniers de « déléguer » cette censure aux autorités confessionnelles.

Qu’il s’agisse de voir le Premier ministre belge prendre position sur les propos négationnistes d’un évêque intégriste étranger ou le Ministre belge de la Justice prendre position sur d’éventuels propos négationnistes d’un professeur de religion, une même prudence dans le partage juridique des compétences s’impose.  

A une question du Député Georges Dallemagne, le Premier Ministre répond le 5 février 2009 : « La levée de l’excommunication de quatre évêques relève de la compétence exclusive du pape. Mais j’ai été choqué par les propos de Mgr Richard Williamson, un de ces quatre évêques et je les condamne. Notre Ambassadeur auprès du Saint-Siège sera chargé de porter cette position à la connaissance des autorités vaticanes » (Compte rendu analytique – Chambre des représentants – CRABV 52 PLEN 081). A une question du Député Denis Ducarme relative aux propos d’un professeur de religion (« Ne faudrait-il pas prendre langue avec l’Exécutif des musulmans de Belgique pour préciser certains points quant à la sélection et à la formation des professeurs de religion islamique ? »), le Ministre de la Justice répond le 19 mars 2009  » Je suis sensible au problème que vous évoquez, mais je ne suis pas responsable de l’organisation des cultes et je n’ai pas à m’immiscer dans le travail de l’Exécutif. J’ai cependant pris contact avec l’Exécutif pour lui demander d’intervenir dans ce dossier et d’être à l’avenir plus attentif au respectdes lois. J’espère qu’il réagira » (CRABV 52 PLEN 088).
 



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