Expression religieuse, vigilance publique

Dans une « réaction » du 25 janvier 2010, le Centre belge pour l’égalité des chances communique que : « Le chef de l’église catholique belge, interrogé sur le sujet de l’orientation sexuelle, a comparé l’homosexualité à l’anorexie. Comme tout citoyen, l’archevêque de Malines-Bruxelles a la liberté d’exprimer ses opinions. C’est le cas aussi des représentants des Cultes israélite et musulman présents sur le plateau qui ont également tenu des propos très négatifs à l’encontre de l’homosexualité. Leurs propos ne les exposent pas à des poursuites judiciaires dans le sens de la loi du 10 mai 2007 tendant à lutter contre certaines formes de discrimination, dont celles motivées par l’homophobie. Rappelons que la liberté d’expression s’étend aux propos “qui blessent, qui choquent et qui inquiètent”, selon l’expression consacrée de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, et n’incriminent que l’incitation à la haine et à la discrimination. Il reste néanmoins  que ce type de discours, amalgamant maladie, perversité et homosexualité, est regrettable, et potentiellement dangereux car il entretient stéréotypes et préjugés non fondés. C’est pourquoi le Centre déplore que de hauts responsables de cultes stigmatisent à nouveau l’homosexualité et sera attentif à ce que leurs propos publics n’encouragent pas des actes de haine inspirés par ceux-ci. Le Centre rappelle que l’orientation sexuelle n’est ni un choix ni une maladie à soigner. Elle ne constitue pas non plus a priori un comportement qui mettrait en danger, plus qu’un autre, la vie ou la santé des individus. Elle est une orientation sexuelle qui, tout comme, les convictions religieuses, appelle le respect mutuel des différences.”

Tous les discours de désapprobation morale et religieuse sont aujourd’hui délicats (*). On se borne ici à des observations de formes de nature juridique.

A la différence de la Halde française, le Centre belge ne formalise pas systématiquement ses positions en « délibération » ou en « avis». Le statut juridique des délibérations françaises n’en fait pas des décisions contraignantes, mais en balise l’élaboration et assure une formalisation précise d’un « magistère d’influence ». Il pourrait être souhaitable qu’il en aille de même pour le Centre belge, et que la production et le statut de diverses notices et « réactions » soit clarifié ou renforcé. L’article 2 de la loi du 15 février 1993 évoque une mission générale de promotion de l’égalité de lutte contre une série de discriminations, à accomplir “dans un esprit de dialogue et de collaboration avec les associations, instituts, organes et services qui, en tout ou en partie, accomplissent la même mission ou sont directement concernés par l’accomplissement de cette mission”. L’article 3 de la loi du 15 février 1993 présente dix hypothèses de compétence qui ne permettent toutefois pas de formaliser davantage le statut des positions, réactions et dialogues, au delà de la libre expression des agences publiques.            

Après avoir rappelé que les autorités religieuses bénéficient comme tous du régime européen de liberté d’expression des « opinions qui choquent », le Centre estime « regrettable » les discours qui « amalgament » « maladie, perversité et homosexualité ». Dans une intervention télévisée, le représentant du Centre a indiqué qu’il aurait estimé plus approprié que l’autorité religieuse s’exprime en référence à son propre ordre de rationalité, par exemple, en termes de « péché ». Cette position n’était qu’un souhait d’adéquation, et non une limitation d’ordre juridique : l’opinion publique des autorités religieuses n’est pas soumise à une distinction entre les sphères du religieux, de la morale et de l’éthique commune. Quant au registre politique, seule l’attaque publique et directe des lois et gouvernements par un ministre du culte dans le cadre de ses fonctions est réprimée par le droit belge (art. 268 code pénal).     

Au regard de la distinction avec la science, on se bornera à constater que Centre ne dispose pas, lui non plus, de compétences médicales spécifiques. On soulignera surtout plus fondamentalement le caractère inadéquat du passage d’une affirmation d’ordre médical à une affirmation d’ordre juridique lorsqu’il rapproche que sans être ni un choix, ni une maladie (…) « l’orientation sexuelle, tout comme les convictions religieuses, appelle le respect mutuel des différences ». Ce n’est pas le statut médical ou scientifique, libre ou non libre, d’une forme de vie qui fonde l’état actuel du droit, mais un consensus démocratique sur les caractéristiques qui justifieront une protection juridique. En particulier, il ne semble pas que les personnes atteintes d’une maladie (**) puissent se voir dépréciées au regard de la lutte juridique contre la discrimination.     

La réaction du Centre évoque également, pour l’écarter en l’espèce, la prohibition pénale de l’incitation à la haine et à la discrimination (Loi du 10 mai 2007).      

Tout en admettant que les propos tenus par les autorités religieuses ne relèvent pas de l’incitation à la haine, le Centre indique qu’il « sera attentif à ce que leurs propos publics n’encouragent pas des actes de haine inspirés par ceux-ci ». Cette distinction en forme d’oxymore (***) entre un discours d’incitation à la haine (non retenu en l’espèce) et les pratiques sociales potentielles que le Centre non seulement observerait mais également estimerait se justifier comme “inspirées” et même “encouragées” par les propos des autorités religieuses, semble devoir recevoir une appréciation réservée.       

Il est certainement pertinent d’appeler à la prudence et la responsabilité sociale l’ensemble des autorités qui prennent la parole dans l’espace public, notamment face au risque de se faire mal comprendre ou instrumentaliser. La même prudence verbale se verrait conseillée, dans des termes moins ambivalents, à bien des discours publics concernant par exemple la prohibition du port du foulard.

En revanche, maintenir, par la formule ambigüe adoptée, un lien subliminal entre “haine” et “autorités religieuses” semble une imputation imprudente et peu conforme au regard d’un principe d’équité des débats.     

Il ne fait nul doute que le but premier de la réaction du Centre est de prévenir discrimination, stéréotypes et préjugés non fondés. Pour autant, le Centre ne devrait-il pas veiller, à l’avenir, à une vigilance plus équitable lorsqu’il prend position sur des débats et questions qui animent, voire divisent, la société belge ? 

Le Centre a précisé sa méthodologie dans son rapport 2011 (****), en mettant l’accent sur la responsabilité morale de l’ensemble des autorités prenant une parole publique. Le Centre estime que cette responsabilité morale pourrait toutefois se muer en responsabilité juridique par la répétition de certaines prises de parole, dont chacune séparément pourrait être admise, mais non leur accumulation. User d’un critère de répétition pour systématiquement révéler une stratégie d’incitation à la haine  ne serait pas conforme aux critères internationaux, notamment de liberté d’expression sur les questions qui heurtent, choquent ou inquiètent. Une agence publique peut-elle inciter au silence pour des propos dont elle a en l’espèce chaque fois reconnu la licéité ?  Se confirme une zone grise de l’action administrative, forme nouvelle de Government speech, quelque part en deçà du droit de la répression. Le Centre soutient-il pour autant une morale d’Etat ? Il ne semble pas : c’est à une responsabilité pédagogique qu’il semble appeler, face aux risques de polarisation induits par les techniques de presse.

(*) En l’occurrence, Mgr Léonard, officiellement désigné par le Pape archevêque de Malines-Bruxelles le 18 janvier dernier, a souvent fait l’objet de réactions, variées, en raison de divers propos tenus dans les médias eu égard plus particulièrement à des questions éthiques telles que l’homosexualité, l’avortement ou l’euthanasie. Invité à prendre part à l’émission Controverse sur RTL-TVI le dimanche 24 janvier et interrogé quant à l’homophobie dont il ferait l’objet, le nouveau primat de Belgique souligna tout d’abord que s’il émettait un jugement ou une appréciation philosophique sur une tendance ou un comportement, il refuserait toujours de condamner les personnes homosexuelles pour lesquelles, en tant que personnes, il a la plus grande estime. Afin d’éclairer cette position de l’Eglise catholique, il tint les propos suivants : « Je prends une comparaison pour éclairer, comparaison qui ne signifie pas que j’identifie les deux situations. Par exemple, je pense que, anthropologiquement, l’anorexie […] est un développement qui n’est pas dans la logique de l’appétit qui cherche à ce qu’on entretienne sa vie. C’est un développement qui n’est pas tout à fait cohérent de l’appétit. Mais jamais je ne vais dire que les anorexiques sont des anormaux, même si le développement de cette tendance de l’appétit n’est pas en cohérence avec ce à quoi sert l’appétit ».

(**) Sans se prononcer sur la question, on remarquera que c’est en réalité le rapprochement opéré entre homosexualité et anorexie qui est à l’origine des différentes réactions, dont celle du Centre pour l’égalité des chances. N’est-il toutefois pas singulier que ces réactions, alors qu’elles défendent une stigmatisation des personnes homosexuelles, tendent, par effet domino, à stigmatiser à leur tour les anorexiques ? Quand bien même ces derniers seraient véritablement malades, au contraire des homosexuels comme d’aucuns l’avancent, n’ont-ils pas eux aussi droit au respect, mutuel, de leur condition et de leur différence ? Conformément à l’article 2, 2° de la loi du 15 février 1993 créant le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme, « [l]e Centre a pour mission de promouvoir l’égalité des chances et de combattre toute forme de distinction, d’exclusion, de restriction ou de préférence fondée sur : 1° [...] ; 2° [...] l’état de santé actuel ou futur », mission qu’il doit exercer dans un esprit de dialogue.

(***) Figure de style qui réunit dans un même syntagme deux mots sémantiquement opposés.

(****) Addendum : Sous l’intitulé « Discours émanant d’ ‘autorités »",  le Rapport 2011 du Centre, publié en juin 2012, indique p. 51 : « Le Centre reçoit régulièrement des réactions indignées concernant des déclarations faites par des mandataires ou des responsables politiques ou d’autres personnes investies d’une certaine autorité intellectuelle ou morale. Ces affaires font régulièrement la une des médias et les gens attendent alors du Centre qu’il prenne position rapidement. Face à une telle situation, la position du Centre est la suivante : d’une part, les mandataires et responsables publics doivent être particulièrement protégés au titre de la liberté d’expression, car ils doivent pouvoir prendre des risques dans la formulation de telle ou telle idée. Tel est bien le sens de l’irresponsabilité des parlementaires, par exemple. Mais d’autre part, comme ‘professionnels’ de la parole publique, ils sont généralement conscients des effets produits par leurs propos. L’autorité morale qui est la leur devrait donc les engager à une plus grande responsabilité. Mais on est ici dans le registre moral, et non juridique. C’est pourquoi, face aux propos tenus par des personnes publiques, le Centre sera particulièrement attentif au caractère répété de certains propos – caractère répété qui est indicatif d’une intention, d’une stratégie incitant à la haine ».
p. 52 : « « L’archevêque Léonard et ses déclarations concernant l’homosexualité -  Lors d’une émission de télévision à laquelle assistaient différents représentants de cultes reconnus, cet archevêque avait exposé le point de vue du Vatican à l’égard des homosexuels, et fit (en des termes choisis) un parallèle avec les patients anorexiques. Vu les termes employés et les nuances qui les accompagnaient, il était difficile de parler d’incitation à la haine, à la violence ou à la discrimination. Rappelons qu’en 2007, Mgr. Léonard avait déjà créé la polémique en considérant les homosexuels comme des « anormaux », s’autorisant (d’ailleurs abusivement) de Freud et de la psychanalyse. Comme en 2007, le Centre a déploré publiquement qu’un haut responsable d’un culte reconnu stigmatise les personnes homosexuelles et a répété que ce type de discours était dangereux car il pouvait entretenir l’idée pernicieuse qu’il est légitime de discriminer les personnes homosexuelles. À l’instar de chacun, l’archevêque de Malines-Bruxelles a le droit de s’exprimer publiquement, ceci étant également valable pour les représentants des cultes juif et musulman présents au cours de l’émission et qui y ont également tenu un discours particulièrement négatif au sujet de l’homosexualité. Aux yeux du Centre, leurs propos ne pouvaient donner lieu à une condamnation judiciaire en vertu de la loi du 10 mai 2007 tendant à lutter contre certaines formes de discrimination, dont les actes inspirés par l’homophobie. Le Centre a donc décidé de ne pas entamer d’action en justice. Une situation similaire s’est présentée lorsque Mgr. Léonard a déclaré, au cours d’une émission de télévision, que le sida était « une forme de justice immanente ». Le Centre a adopté la même attitude que dans le cas présenté ci-avant, étant suivi cette fois par les organisations de défense du groupe concerné. Enfin, l’archevêque a également appelé les croyants divorcés à bien réfléchir avant de poser leur candidature à des postes tels que celui de directeur d’une école catholique ou de professeur de religion. Même s’il y a ici davantage matière à discussion, le Centre a également estimé qu’il ne s’agissait pas là d’incitation à la discrimination. Les choses auraient été assurément différentes s’il avait clairement incité les pouvoirs Néanmoins, dans sa réflexion, le Centre a été amené à prendre en considération le caractère répété des saillies [sic] de Mgr. Léonard à l’encontre des homosexuels. Mais il n’en a jamais conclu, jusqu’à présent, à une réelle intention d’inciter à la haine, la violence ou la discrimination ».

Sophie Minette et Louis-Léon Christians



Le foulard du professeur de religion

Dans un arrêt du 2 juillet 2009, le Conseil d’Etat de Belgique statue sur une « affaire de voile » à la fois très particulière et très générale. Très particulière, en raison de la fonction de la personne en cause, qui est professeur… de religion islamique. Très générale ensuite, car tout l’enjeu de l’affaire tenait à l’interprétation globale de la « Déclaration de neutralité de l’enseignement » en vigueur en Flandre.

Pour l’école en cause, cette Déclaration doit être interprêtée comme interdisant implicitement mais sûrement le port de tout signe religieux. Pour l’enseignante, cette même Déclaration doit être interprêtée comme autorisant le port du foulard, à certaines conditions et selon certaines modalités prévues par la Déclaration, notamment en matière de révélation de leurs convictions par les enseignants.

Les faits sont simples. Invoquant son réglement scolaire qui avait tranché explicitement pour une prohibition générale du port de tous signes religieux, y compris aux professeurs de religion, sauf dans leur propre classe, une école fondamentale licencie une professeur temporaire de religion islamique en raison de son refus d’ôter le foulard dans les couloirs de l’établissement…

Or, c’est à un « Conseil central de l’enseignement » que la législation flamande a confié la compétence exclusive de fixer le contenu d’ »une Déclaration de neutralité de l’enseignement » (*). L’école n’avait le pouvoir que d’appliquer cette Déclaration et non de la modifier. Cette déclaration ne comportant aucune référence explicite au port de signes religieux,  l’école invoquait que son règlement n’était pas une modification de la déclaration de neutralité, ou une adjonction, mais seulement une interprétation  qui en découlait nécessairement.

Le Conseil d’Etat estime pour sa part qu’il n’est pas possible de se livrer à une telle déduction. L’arrêt relève notamment que la Déclaration de neutralité prévoit que « l’enseignement communautaire doit favoriser de façon spontanée et naturelle la compréhension entre les personnes dont les opinions philosophiques et sociales divergent ». Plus encore, la Déclaration de neutralité énonce que « Dans les relations avec les élèves et les étudiants, celles et ceux qui sont chargés de leur encadrement pédagogique ne se déroberont point aux problèmes relatifs aux convictions philosophiques, idéologiques et religieuses de l’homme. Si la situation pédagogique le justifie, il leur est permis de révéler considérément leur engagement personnel, en ce sens qu’ils s’abstiendront de toute forme d’endoctrinement et/ou de prosélytisme ».

Pour le Conseil d’Etat, une professeur de religion pouvait raisonnablement estimer que cette autorisation de révélation lui assurait le droit de porter un foulard. Aucune preuve de prosélytisme ni d’endoctrinement n’est apportée par l’école. Le fait que le foulard soit porté de façon permanente ne contrarie pas une telle interprétation de la Déclaration de neutralité, d’autant que le réglement scolaire autorise précisément le port de signes religieux dans la classe de religion.

L’école demeure ainsi à défaut d’établir que son réglement se borne à mettre en oeuvre la Déclaration de neutralité.

Devait dès lors être annulé le licenciement fondé sur la seule violation formelle d’une interdiction générale des signes religieux, édictée sans pouvoir par le réglement scolaire.

Que retenir de cet arrêt ? Sera-t-on étonné qu’un juge belge permette à un professeur d’une religion reconnue d’indiquer ses convictions par son habillement « même dans les couloirs » ? Il est certain que la reconnaissance d’un culte en Belgique n’emporte pas la légitimation de toutes ses normes, us et coutumes. Mais il convient tout aussi sûrement de conserver un effet utile minimal à cette reconnaissance, actée à l’article 24 de la Constitution en matière d’enseignement.

Ce n’est en tout cas pas sur cet aspect des choses que l’arrêt s’est prononcé, mais sur la seule interprétation de la Déclaration de neutralité telle qu’elle est actuellement formulée en Flandre. Or sur ce point, deux conséquences paradoxales pourraient découler de certains arguments retenus dans l’arrêt : ne verra-t-on pas certains courants prohibitionnistes suggérer d’ interdire les signes religieux des professeurs de religion, y compris dans la classe de religion ?; ou suggérer d’interdire toute révélation des convictions des enseignants, de façon absolue et sans exception, même pédagogique ?

La jurisprudence européenne n’est plus de grand secours. Des décisions du 30 juin 2009 de la Cour de Strasbourg confirment en effet que cette question des signes religieux est globalement laissée à l’appréciation de chaque politique nationale, pour autant que l’Etat se limite à un rôle d’organisateur neutre et impartial.  Pour la Cour européenne des droits de l’homme « Lorsque se trouvent en jeu des questions sur les rapports entre l’Etat et les religions, sur lesquelles de profondes divergences peuvent raisonnablement exister dans une société démocratique, il y a lieu d’accorder une importance particulière au rôle du décideur national. Tel est notamment le cas lorsqu’il s’agit de la réglementation du port de symboles religieux dans les établissements d’enseignement (Leyla Sahin, précité, §§ 108-109) (…) ».

1989-2009 : vingt ans de controverses sur le port du foulard pourraient sembler avoir épuisé les ressources de l’argumentation juridique. Certes, le dossier du foulard a ruiné les grandes certitudes des droits constitutionnels, et appelle un retour à la délibération publique et politique. Il reste que l’arrêt du 2 juillet rappelle que tout ne se décide pas n’importe où ni n’importe comment. Le droit demeure un lieu privilégié de la contrainte argumentative :  l’obligation de motivation et la garantie des droits de la défense permettent de mener une vie rude aux arguments trop faciles ou en tout cas donnent à voir les faux-semblants de certaines positions …

 

Le foulard du professeur de religion dans Enseignement pdf  (*) Déclaration de neutralité de l’enseignement communautaire flamand



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